La vallée du Ciron, écosystème unique et joyau de biodiversité

Samedi 18 octobre 2025, 34 participants ont exploré la vallée du Ciron, guidés par Alexis DUCOUSSO, spécialiste de cette forêt aux richesses insoupçonnées. Entre microclimats uniques, espèces endémiques et histoire géologique mouvementée, cette balade a révélé pourquoi ce site est un haut lieu de la biodiversité en Gironde. Retour sur une journée où géologie, écologie et passion pour la nature se sont entrelacées.

1. Un cours d’eau aux multiples visages

  • Le Ciron, autrefois alimenté par les Pyrénées, a vu son cours modifié par la Dordogne, puis par un tremblement de terre il y a 2 000 ans, qui a créé une falaise de 7 à 8 mètres et redirigé le cours du Ciron vers Barsac, créant un écosystème unique.
  • Un ancien lit réactivé : Lors de la crue de 2020, l’ancien lit du Ciron s’est remis à couler, rappelant l’histoire mouvementée de cette vallée.
Photo du Ciron et son eau claire

2. Une biodiversité exceptionnelle

Flore et forêt ancienne

  • Une forêt vieille de 43 000 ans : Grâce à des datations au carbone 14, on sait que cette forêt a survécu aux glaciations, abritant des pins sylvestres, des bouleaux et des hêtres depuis des millénaires.
  • Un écosystème stable : Contrairement à d’autres forêts européennes, celle du Ciron n’a jamais disparu, offrant un refuge à des espèces uniques.
  • Un mélange unique de plantes : Thermophiles, atlantiques et méditerranéennes coexistent ici, défiant les lois de l’écologie forestière classique.
  • Des champignons rares : Un tiers de la mycoflore française est présent dans la vallée, avec au moins cinq espèces endémiques.

Faune et espèces emblématiques

  • La vallée du Ciron est un refuge pour les espèces menacées dont des lamproies, des toxostomes
  • Le brochet aquitain : Une espèce endémique découverte en 2014, unique au monde, qui n’existe que dans cette vallée.
  • Les poissons migrateurs : Le Ciron est un des derniers refuges en Europe pour les espèces amphihalines (vivant en mer et en eau douce).
  • La loutre : Un mammifère discret mais présent, comme en témoigne Alexis Ducousso, qui a choisi de s’installer dans la vallée après en avoir croisé une dans son jardin.

3. Les défis écologiques : entre invasions et conservation

Les espèces invasives : un danger pour l’équilibre

  • Le robinier (faux-acacia) : Introduit pour ses qualités (bois résistant, fixation d’azote), il étouffe la flore locale et modifie les sols.
  • L’impact des jardins : Plus de 80 % des invasions biologiques en Aquitaine proviennent des espaces verts et des jardins.

Les solutions pour préserver la vallée

  • Restaurer les milieux naturels : Alexis Ducousso souligne l’importance de laisser les arbres morts (pour la biodiversité) et de réintroduire le castor pour lutter contre l’érosion et restaurer les zones humides.
  • Privilégier les espèces locales : Planter des arbres et arbustes autochtones (comme le fusain ou le peuplier noir) plutôt que des exotiques invasifs.
Exemple de l’invasion du robinier : sur une parcelle coupée à blanc, quelques pins repoussent mais le développement fulgurant des robiniers les étouffera à terme.

4. Un microclimat protecteur face au changement climatique

  • Un refuge contre les canicules : La vallée, plus fraîche en été et plus douce en hiver, offre un microclimat unique, avec des différences de température pouvant atteindre 7 à 8 °C entre le fond de vallée et le plateau.
  • Un écosystème résilient : Les forêts anciennes et les zones humides jouent un rôle clé dans la régulation du climat local.

5. Un patrimoine à préserver

  • Un enjeu de conservation : La vallée du Ciron est un des derniers refuges pour les espèces migratrices en Europe.
  • Un appel à l’action : Protéger ce site, c’est préserver un héritage naturel unique, menacé par les projets d’aménagement (comme la LGV). Extrait de l’interview d’Alexis Ducousso publié sur le site de la Revue Far Ouest
    « La rivière a un rôle très important pour l’écosystème de la vallée. Le TGV va couper les affluents, cela risque de couper d’eau des zones qui ont un rôle très important pour la biodiversité. Ça va forcément modifier l’écosystème et le climat local.
    Il y a aussi des coupes rases qui sont faites par les propriétaires de la forêt, par le biais de coopératives forestières… Si ça se trouve, dans 10 ans, on ne parlera plus de la hêtraie, car elle n’existera tout simplement plus.»

  • Si vous souhaitez soutenir l’association « Ciron Bien Commun », vous pouvez faire un don sur le site de Helloasso.com

6. Pour aller plus loin

Distinguer les hêtres des charmes

Visitez le site https://jeretiens.net/distinguer-les-hetres-des-charmes/ d’où est tiré cette capture d’écran !

Quelques photos souvenirs

Merci Alexis Ducousso pour cette conférence en plein-air qui a été unanimement appréciée par tous les participants !