Voyage humanitaire en Inde

Le 3 octobre 2020, les membres de l’association se sont réunis pour la 2ème fois à la Brasserie « Just One Beer » à Gradignan-Malartic. Nous en profitons pour les remercier chaleureusement de leur accueil !

Qui est Marianne Richard-Molard ?

Introduction de Mustapha Aliouat, président de l’association Cultures & Société :

  • Retraitée, ancienne cadre au Ministère du Travail, mère de 3 filles et grand-mère de 8 petits-enfants, Marianne est engagée dans plusieurs associations humanitaires. Elle cultive un amour particulier pour l’Inde.
  • En 1975 à 23 ans après avoir obtenu sa Licence de Droit, elle décide de s’offrir une année sabbatique et part pour 6 mois en Inde. Pendant l’année qui précède son voyage, elle suit les conférences du Musée Guimet et travaille pour financer son projet.
  • Après l’année de préparation, elle s’envole seule en janvier pour Bombay puis Poone, Goa.  Elle longe la côte du Kerala. Séjourne au Sri Lanka, puis retour par le Tamil Nadou, Chenai à Bombay après 24h de train.
  • Ensuite, direction le nord de l’Inde et visite le Gujarat et le Rajasthan. Puis, comme prévu, elle retrouve à New-Delhi un charmant jeune homme qui deviendra son mari. Et là dans ce pays aux 56 langues, tous deux finalisent les formalités de leur mariage. Puis les deux amoureux partent au Népal pour 15 jours de trek dans l’Annapurna.
  • Puis, retour à Delhi où l’Ambassadeur de France les marie.
  • Après une carrière de cadre au Ministère du Travail, agent de contrôle, poste d’encadrement à la Direction Régionale à Bordeaux, puis Angoulême et enfin à la Direction Générale du Travail à Paris, Marianne prend une retraite bien méritée en 2013.
  • Elle décide de repartir en Inde avec comme volonté de partager la vie quotidienne d’une famille et de s’engager sur du bénévolat dans des actions humanitaires. Marianne s’envole en janvier 2018 pour deux mois dans le sud de l’Inde.

C’est donc ce double voyage que Marianne nous a présenté.

Marianne nous amène en Inde...

En 1975, je m’étais déjà immergée dans ce pays fascinant qui bouscule nos références culturelles en le parcourant seule, pendant 5 mois.

En 2018 à 66 ans, j’y suis retournée deux mois et demi, avec le désir de partager pendant le premier mois la vie d’une famille indienne, à Bangalore pour y effectuer une mission humanitaire. Le choix de la mission et le lieu d’accueil s’est fait par l’intermédiaire de l’association française « Femmes en mission humanitaire ».

Ram, le chef de la famille qui m’hébergait est aussi le responsable d’une association créée en 2005 par des personnes en situation de handicap, lui-même a eu la poliomyélite.

Cinq écoles publiques de Bangalore accueillent dans une classe qui leur est réservée, des enfants en situation de handicap. Mon rôle consistait à organiser des activités aux enfants les plus réceptifs pour soulager les quelques femmes en charge de l’accueil de ces enfants infirmes moteurs cérébraux. J’avais apporté avec moi une petite valise supplémentaire remplies d’accessoires variés qui ont tous été très utiles.

En fin de journée, une autre activité m’a été proposée consistant à animer les soirées auprès des « street children ». Il s’agit de petites filles « des rues », vivant dans des conditions très précaires, pour lesquelles les travailleurs sociaux proposent aux familles une prise en charge scolaire en internat.

Les photos présentées témoignent de ces expériences particulièrement fortes et riches en contacts humains ; cette expérience m’a évidemment fait toucher du doigt l’immensité des besoins et la pauvreté des moyens humains et matériels. Mais l’engagement des familles et de quelques bénévoles est admirable.

Dans un second temps, j’ai pris mon sac à dos pour revenir sur une partie des sites déjà parcourus en 1975. En particulier les sites religieux qui retracent l’histoire de l’Inde dravidienne du 6ème au 16ème siècle : Hampi, Pattadakal, Badami, Belur, Halebid au Karnataka, mais aussi dans l’État du Tamil Nadu. Tous, dans des styles différents, entremêlent volontiers hindouisme, bouddhisme, jaïnisme et témoignent de la grandeur et de la décadence des empires Pallava, Chalukya, Hoysala, Chola.

L’art indien qui associe intimement la sculpture et l’architecture, peut donner une impression de profusion, de surcharge. En réalité, les ensembles, qu’il s’agisse de sanctuaires, monastères ou temples, sont parfaitement homogènes. Ils respectent un ensemble cohérent de prescriptions. Cet art est moins une affaire d’esthétique que l’expression d’une métaphysique. Les compositions architecturales géométriques tendent à reproduire symboliquement l’ordonnance de l’univers ; les représentations sculptées   favorisent l’accès au divin. Il faut prendre le temps de se laisser aspirer par cette culture ancestrale qui dépasse notre seule vision terrestre

J’ai poursuivi mon voyage au Kerala : 850 km de côte le long de la mer d’Arabie. Cet État verdoyant, le plus densément peuplé de l’Inde (860 hab/km2), est parmi les plus alphabétisés.

Une opportunité imprévue à mon départ m’a amené à faire une halte dans un centre d’Ayurvédique (ayur = vie, védique = science, connaissance). Il s’agit de la médecine traditionnelle indienne qui puise ses sources dans les textes sacrés que sont les védas. Ce fut une parenthèse de délassement dans un cadre idyllique tel que l’Inde a toujours su en proposer, mais que j’ai refermée sans difficulté aucune, reprenant ma route, sac au dos.

Le Kerala se parcourt aussi en embarquant sur les « backwaters », zones humides qui s’étendent le long du rivage côtier, alimentées par les eaux descendues des reliefs montagneux de l’arrière-pays.

J’ai terminé la boucle qui devait me ramener à Bangalore en allant chercher les plantations de thé puis, plus loin, de café, à la limite du Kerala et du Karnataka. Un trek de trois jours dans les forêts de caféiers et de cardamome, m’a permis de poser sur mon voyage un regard teinté certes de nostalgie, mais non exempt de perplexité.

Quelle autre civilisation plus que millénaire a de façon si prégnante conservé les traces d’une culture vieille de 23 siècles, tandis qu’elle n’a construit son rapport à l’Histoire qu’au XIXème siècle, avec l’arrivée des britanniques !

Aujourd’hui son leader politique défend « l’hindouïté » qui n’est pas l’hindouisme, mais le respect de la culture indienne originelle sous toutes ses formes, et parmi elles, le système des castes, qui ne lâche rien aux évolutions sociétales que connait le monde, mais pas l’Inde !

Merci Marianne pour ce partage riche en émotion, pour ces photos qui nous ont fait découvrir ce pays !